do re mi fa sol la si do
Pourquoi le do s'appelle "do" - pourquoi son petit frère Ré s'appelle ré, Mi "Mi", Fa "Fa" et ainsi de suite
jusqu'à Si ?
Il suffisait tout simplement de connaître Guido. Attention, pas
n'importe lequel ! Guido d'Arezzo. Arezzo est le nom de la ville où il vivait. Si le flou existe sur ses dates (né vers 990 et mort après 1033, peut-être en 1050), ce qu'il a laissé à la
postérité sert quotidiennement à tous ceux qui chantent, jouent de la musique, et aussi à tous ceux qui les écoutent.
Guido était donc, en plus d'être moine bénédictin, un important théoricien de
la musique, vous l'aviez compris. Il était professeur à l'école de la cathédrale d'Arezzo (Arezzo est au sud est de Florence, dans les Appenins). Il écrivit de nombreux traités sur la
musique (Micrologus connut un gros succès car il fut copié 17 fois ! Copié oui et non réédité car Gutemberg n'était pas encore né), et il adopta un système pour nommer chaque note de la
gamme, soit les syllabes correspondant à certains mots de l'hymne à Saint Jean :
UT queant laxis
REsonare fibris
MIra gestorum
FAmuli Tuorum
SOLve poluti
LAbii reatum
Sancte Ioannes.
Une petite traduction peut-être ?
Pour que puissent résonner dans les cœurs détendus les merveilles de tes
actions, absous l'erreur de la lèvre indigne de ton serviteur, saint Jean.
à propos de cet hymne
* Vous aurez noté que la première note du premier vers correspond au premier
degré de la gamme de Ut, la deuxième note du deuxième vers correspond au deuxième degré de la même gamme (ré), et ainsi de suite jusqu'au sixième vers inclus
(la).
* Le "si", correspondant aux initiales de Saint-Jean au septième vers, fut seulement ajouté à la fin du 16ème siècle par Anselme de Flandres.
Ceci dit, ce système n'est valable que dans les pays latins. En effet, dès la
Grèce antique, les notes étaient nommées par les premières lettres de l'alphabet grec : A, B, C, D, E, F, G. Ce système est encore en vigeur dans les pays
anglophones et germaniques. Petite précision : en Allemagne la lettre B désignant le bémol, donc le si s'appelle "H". Vous suivez toujours ?
Donc, en résumé, voici un petit tableau de correspondance entre les deux
"appellations" :
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Appellation
grecque
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Appellation
latine
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|
G
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Sol
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F
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Fa
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E
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Mi
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D
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Ré
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C
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Ut ou Do
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B (H en Allemagne)
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Si
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A
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La
|
Comme vous l'avez remarqué, l'Ut a changé de nom depuis Guido. C'est au 17ème
siècle que Bononcini (compositeur italien) remplaça la note ut par do, pour des raisons de commodité et de prononciation.

Si vous vous promenez un jour à Florence, ce cher Guido a sa statue au Palais
des Offices (Cortile) parmi les 28 grands hommes. Ces grands hommes sont des hommes d'état, des artistes, des érudits, des humanistes, des écrivains, des scientifiques, des navigateurs,
ou même des saints catholiques qui ont tous participé à la renommée de Florence et de la Toscane du 10ème au 19ème siècle. Donc, c'était un grand monsieur !
Le Piano Forte et Forte Piano
Le 4 mai 1655 naissait à Florence Bartolomeo Cristofori, facteur de clavecins et de clavicordes. C’est en voulant doter le clavecin de possibilités sonores plus expressives notamment en
permettant à l’interprète de jouer sur l’intensité des sons, qu’il inventa en 1698 le piano-forte, ancêtre du piano. Ce nouvel instrument reçu le doux nom de « gravicembalo col piano e
forte » et avait l'apparence extérieure d'un clavecin.
Et, en 1768, Jean-Chrétien Bach donna un concert sur un instrument de Zumpe, facteur de forte-piano exerçant à Londres. Le forte piano est différent du premier par sa forme. En effet, le
forte-piano a l’apparence du clavicorde, c’est-à-dire une caisse carrée.