Messe en Sol Majeur
D167
(...) On ne sait malheureusement pratiquement rien du contexte de la
composition de cette œuvre. En pleine écriture de sa Seconde symphonie, le jeune Schubert, âgé de 17 ans, interrompit brusquement son travail pour se consacrer à sa seconde messe qu'il acheva en
un temps record (moins d'une semaine, du 2 au 7 mars 1815).
D'aucuns estiment qu'il devait s'agir d'une commande émanant probablement de l'église paroissiale de Schubert à Liechtental, pour laquelle il avait déjà composé l'année précédente sa première
messe, dite Messe en Fa. Néanmoins, la comparaison entre les deux messes s'arrête là. Alors que la première messe revêt un caractère volontairement très solennel – elle devait servir à la
célébration du centenaire de la fondation de l'église –, la seconde est profondément intimiste.
Si la première nécessite un orchestre entier et un grand chœur, la seconde n'est écrite que pour petit ensemble à cordes (deux violons, un alto et une contrebasse) auquel se joint l'orgue, à la
manière des messes anciennes. De même, la participation vocale des solistes se réduit le plus souvent à un trio, donnant une part prééminente au chœur, tandis que les six parties solistes de la
Messe en Fa étaient volontairement virtuoses Cette Messe en Sol présente en fait, tant dans l'écriture harmonique que dans le rendu sonore, des similitudes frappantes avec les « missa
brevis » de l'ère classique.
Notons que cette messe avait certainement été composée pour une messe ordinaire (de tous les jours), les grandes messes avec orchestre complet, solistes et chœur n'étant présentées que les
dimanches et les jours de fêtes religieuses. De plus, la petite paroisse ne possédait évidemment pas d'orchestre en résidence et ne pouvait pas s'offrir tous les jours les services d'un orchestre
complet. On ne sait rien non plus des circonstances dans lesquelles la messe a été créée. On ne peut que supposer qu'elle a été jouée en l'église de Liechtental au lendemain de la remise de la
partition. (...)
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Une petite anecdote pour
encourager nos sopranos à monter toujours plus haut :
Franz Schubert vivait à cette époque un amour (platonique, à son grand désespoir) avec la fille d'un bourgeois de la paroisse, Thérèse Grob. Cette dernière possédait, paraît-il, une voix
magnifique de soprano.
Certains biographes en conclurent que Schubert bâtit la ligne particulièrement importante de soprano de cette oeuvre, dans l'espoir de l'entendre dans cette voix.
Alors mesdames, si certaines notes hautes perchées dans cette messe vous font parfois souffrir, pensez au jeune Franz dont le coeur devait être rempli d'espérance en l'écrivant
ainsi!


